Emmanuel Macron commence son quinquennat comme François Hollande a fini le sien : par une réforme du marché du travail et du dialogue social. On en connaît les principaux objectifs : prioriser la négociation d’entreprise, élargir les possibilités de recours au référendum par l’employeur et fusionner les institutions représentatives du personnel (IRP) : délégués du personnel, comité d’entreprise et comité hygiène, sécurité, conditions de travail. En matière de «renouveau» de l’action publique, on a vu mieux : on est là dans la continuité absolue de ce qui a été entrepris depuis plus de vingt ans, réforme après réforme. Pourtant, rien ne vient attester leur efficacité ni pour l’emploi ni pour les conditions de travail des salariés, qui se sont au contraire dégradées. Les décrets d’application des lois Rebsamen et El Khomri, votées sous le précédent quinquennat, ont à peine eu le temps d’être publiés que, déjà, on nous dit qu’il faut aller plus loin pour rendre plus «efficace» notre «dialogue social». Mais plus efficace pour qui, et plus efficace pour quoi faire ? En réalité, cette énième réforme ne touche à aucun frein réel à l’efficacité économique des entreprises et n’apporte aucune solution aux limites très réelles de la «démocratie sociale» en France. (…)

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