Voilà donc que se profile la cinquième réforme d’ampleur du droit du travail en quatre ans. Au-delà même du fond et de la méthode attendus, l’opportunité d’une telle réforme interroge. Le monde du travail n’est-il pas légitime à aspirer à une stabilité normative alors que, précisément, instabilité, imprévisibilité et insécurité sont systématiquement reprochées au droit du travail ? Le fondement de la réforme – l’emploi – mérite aussi d’être discuté : comment encore faire croire que la modification du droit du travail pourrait avoir le moindre effet sur le taux d’emploi alors que toutes les études théoriques (OCDE, OIT, Banque mondiale, Insee) et toutes les analyses empiriques établissent qu’il n’y a aucun lien entre protection de l’emploi et chômage ? Certes, quelques clercs très actifs sur le plan médiatique continuent de prêcher cette vulgate libérale, mais le plus étonnant est qu’ils conservent une telle influence au point d’inspirer les réformes successives du droit du travail depuis vingt ans, sans aucun résultat tangible sur l’emploi. On aurait pu attendre d’un président, promoteur de la disruptivité idéologique, qu’il ne s’engouffre pas aussi aveuglément dans une pensée archaïque dont les ressorts connus et rebattus irriguent la future réforme. (…)

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